Les avantages mentionnés en introduction, ainsi que les mesures d’encouragement mises en place ces dernières années, expliquent le fort développement du photovoltaïque ces dernières années. Selon les chiffres de Swissolar, il y a dix ans, durant l’année 2016, seuls 264 MW avaient été installés. Cinq ans plus tard, en 2021, ce chiffre avait presque triplé pour passer à 705 MW. En 2024, la puissance installée en douze mois a atteint 1’810 MW, soit près de l’équivalent des quatre centrales de l’aménagement de la Grande Dixence (2’000 MW).
Mais comparer le solaire à d’autres sources renouvelables sur la seule base de la puissance installée présente des limites. Car la production photovoltaïque présente des caractéristiques techniques propres.
En effet, la production photovoltaïque présente non seulement une forte composante saisonnière en se concentrant durant le printemps et l’été, mais également une grande variabilité journalière. De plus, là où les régimes hydriques des différents bassins versants peuvent différer et présenter une certaine inertie, le photovoltaïque se caractérise par un très faible foisonnement. Ce constat est particulièrement vrai à l’échelle locale et régionale : lorsque le soleil brille sur une commune ou un canton, toutes les installations solaires sur ce territoire produisent en même temps.
Et si la production peut être anticipée avec une bonne précision lors des belles journées d’été, des variations rapides et difficiles à prévoir peuvent se produire par temps changeant. Cette intermittence de la production photovoltaïque, à la fois à l’échelle des saisons, des jours ou même des heures, pose de nombreux défis pour son intégration dans le système énergétique suisse.

Certaines infrastructures ont notamment été conçues et dimensionnées il y a plus de 40 ans, une époque à laquelle l’essor actuel du photovoltaïque ne pouvait être imaginé et encore moins pris en compte. Et bien que des travaux de renforcement soient envisageables, leurs impacts financiers seraient disproportionnés au regard des quelques heures par an durant lesquelles ils permettraient de résorber les saturations.
Mais les défis pour le réseau ne se limitent pas à la gestion des saturations. En effet, le réseau électrique est une gigantesque machine qui doit être maintenue à l’équilibre en permanence. La quantité d’énergie qui y est injectée chaque instant doit être identique à celle qui en est soutirée. Le maintien de cet équilibre, assuré par ce que l’on appelle les « services systèmes », se retrouve compliqué par l’intermittence et le caractère parfois imprévisible de la production photovoltaïque.
Et les marchés de l’énergie ne sont pas épargnés par l’essor du photovoltaïque. Là où hier encore ils pouvaient s’appuyer sur des prévisions précises et une stabilité de la consommation et de la production, ils doivent aujourd’hui faire face aujourd’hui à des incertitudes croissantes et des prix de plus en plus volatiles, même à court terme.
Si ces défis que pose l’intermittence de la production photovoltaïque paraissaient lointains il y a quelques années seulement, lorsque la production photovoltaïque était marginale, ils ne peuvent aujourd'hui plus être ignorés. Ce constat, partagé aussi bien par les acteurs de la branche que par le législateur, a conduit à la formalisation et à l’intégration explicite dans le nouveau cadre réglementaire d’un concept qui en était jusqu’ici absent : la flexibilité.
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