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Ajustement d’injection : ce que les installateurs doivent savoir avant 2027

ajustement injection

La loi sur l’électricité permet aux gestionnaires de réseau de distribution de recourir à l’ajustement d’injection, depuis le 1er janvier 2026, afin d’accompagner la croissance du photovoltaïque tout en préservant la stabilité du réseau. Chez Romande Energie, l’application effective de cette mesure est prévue dès le 1er janvier 2027Pour les installateurs, c’est l’occasion d’intégrer ces modifications au plus tôt dans leurs processus de mise en service, d’accompagner leurs clients avec des explications claires et factuelles et de les orienter vers les solutions les plus adaptées à leur situation.

L'essentiel en 3 points :

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Romande Energie applique la mesure dès le 1er janvier 2027 afin de s’appuyer sur des données réelles du réseau avant sa mise en œuvre.

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L’ajustement d’injection agit uniquement sur les pics d’injection et non sur la production globale d’une installation photovoltaïque.

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Les installateurs jouent un rôle clé pour expliquer cette mesure, répondre aux craintes des clients et promouvoir les solutions favorisant l’autoconsommation, le stockage et l’optimisation du pilotage énergétique.

Intégrer davantage de solaire sans engorger le réseau

Le développement du photovoltaïque est indispensable à la transition énergétique et contribue au déploiement de la Stratégie énergétique 2050 de la Confédération. Pour intégrer une part croissante d’énergie solaire dans le réseau, la loi sur l’électricité et les recommandations de la branche prévoient des mécanismes permettant de limiter certains pics d’injection photovoltaïque lorsque ceux-ci mettent sous pression le réseau. Cette mesure s’inscrit dans une logique simple : permettre au solaire de continuer à se développer, tout en évitant de renforcer le réseau uniquement pour quelques pics de production très ponctuels.

Romande Energie a choisi une approche progressive. Grâce aux données collectées par les compteurs intelligents, les équipes techniques disposent aujourd’hui d’une vision beaucoup plus fine du fonctionnement du réseau. Les informations transmises tous les quarts-d’heure par les compteurs intelligents, permettent d’observer précisément les périodes où de nombreux producteurs injectent de l’électricité simultanément. Cette meilleure compréhension permet d’identifier les risques de saturation du réseau, de mesurer l’efficacité des solutions déjà en place et d’appliquer de manière adaptée les mécanismes de flexibilité prévus par la loi.

Cette approche s’appuie sur le cadre défini par la loi, qui a introduit une notion essentielle pour les GRD : l’utilisation garantie de la flexibilité. Cette notion permet aux GRD d’imposer une limitation d’injection de la production photovoltaïque pour autant que la perte de production de l’installation ne dépasse pas 3% de sa production annuelle. La branche a ensuite précisé par le biais d’une recommandation qu’une limitation à 70% de la puissance DC installée permettait dans tous les cas de respecter le seuil de 3% inscrit dans la loi et cela pour les installations jusqu’à 1200 m d’altitude et d’une puissance supérieure à 0.8 kW.

L’ajustement d’injection, concrètement, c’est quoi ?

Prenons l’exemple du tunnel du Gothard. La plupart du temps, le trafic circule normalement mais lors de certains pics, par exemple le week-end de Pâques, trop de véhicules arrivent en même temps et le tunnel s’engorge créant des embouteillages. Pour éviter le blocage, il faut réguler ponctuellement l’entrée. Pour le réseau électrique, l’enjeu est comparable : lorsque de nombreuses installations électriques photovoltaïques produisent et injectent simultanément, la capacité du réseau est atteinte.  

L’ajustement d’injection consiste alors à limiter ponctuellement la puissance injectée au point de raccordement afin de préserver le bon fonctionnement du réseau et d’éviter son engorgement. La mesure vise uniquement à atténuer certains pics de puissance et présente par conséquent un impact presque négligeable sur la production annuelle d’énergie. Par ailleurs, cette limitation étant applicable au niveau du point de fourniture, ces pics de puissance peuvent tout à fait être autoconsommés localement et ne sont donc pas nécessairement perdus. L’énergie consommée directement sur place ou stockée dans une batterie reste valorisable tout à fait normalement.

La limite de 70% ne signifie donc pas une perte de 30% de la production annuelle. Elle concerne uniquement la puissance injectée sur le réseau lors de certains pics de production. Elle ne s’applique donc en pratique que quelques jours par année et n’entraîne par conséquent pas de baisse significative de la production. Le cadre légal prévoit par ailleurs que la perte annuelle non rémunérée liée à cette mesure ne dépasse pas 3% de la production annuelle. Selon les estimations disponibles, la perte réelle serait plutôt de l’ordre de 1%.

À titre d’exemple, une installation de 10 kWc limitée à 70 % pourra injecter jusqu’à 7 kW sur le réseau. Si le bâtiment consomme simultanément 2 kW, l’installation pourra toujours produire 9 kW au total : 2 kW consommés sur place et 7 kW injectés. C'est pourquoi l'autoconsommation et le stockage prennent une importance croissante dans les projets photovoltaïques.

Ajustement-injection

Ce qui change pour les installateurs

Même si la mesure n’entrera en vigueur qu’en 2027 chez Romande Energie, les installateurs ont intérêt à s’y préparer dès aujourd’hui. Les questions d’autoconsommation, de stockage et de système de gestion énergétique intelligent prennent une importance croissante dans le dimensionnement des installations photovoltaïques. Ces solutions permettent de valoriser davantage l’énergie produite localement et de réduire naturellement l’injection sur le réseau.

Les échanges avec les clients évolueront également. La notion de limitation à 70 % soulève souvent des inquiétudes, alors qu’elle concerne la puissance injectée lors de certains pics et non une réduction permanente de la production.  Pour le client, les questions les plus fréquentes seront donc moins techniques que pratiques :

  • Cela vaut-il la peine d’installer des panneaux si c’est pour me limiter ?
  • Vais-je produire moins d'électricité ?
  • Vais-je perdre de l'argent ?
  • Dois-je installer une batterie ?
  • Mon installation est-elle concernée ?

C'est précisément sur ces points que l'installateur joue un rôle essentiel en expliquant les impacts réels de la mesure, en distinguant puissance injectée et énergie produite et en orientant le client vers les solutions les plus adaptées à sa situation. L’enjeu n’est pas d’ajouter de la complexité, mais d’informer au bon moment, avec les bons mots, pour éviter les incompréhensions lors de la mise en service. 

Ce qu’un installateur peut retenir pour répondre à son client

  • La limitation concerne l’injection sur le réseau et pas nécessairement la production qui peut être autoconsommée
  • La limite de 70 % ne signifie pas une perte de 30 % de la production annuelle, mais une baisse inférieure à 3%.
  • Le cadre légal limite à 3 % au maximum la perte de production annuelle non rémunérée liée à cette mesure, la réalité montre que pour la plupart des installations, la perte de production est plutôt proche voire en dessous de 1%
    • L’autoconsommation et le stockage permettent de valoriser davantage l’énergie produite localement. 

Une évolution du marché et de la production photovoltaïque

L’ajustement d’injection s’inscrit dans une évolution plus large de la production photovoltaïque. Les projets se conçoivent désormais en intégrant non seulement la production, mais aussi l’autoconsommation, le stockage et le pilotage des usages.

L’enjeu n’est pas de produire moins, mais de valoriser au mieux l’énergie produite localement tout en tenant compte des contraintes du réseau. Cette évolution conduit les installateurs à intégrer plus systématiquement ces questions dans leurs recommandations et à renforcer leur rôle de conseil auprès des clients.

Dans ce contexte, la valeur ajoutée des installateurs repose plus que jamais sur leur capacité à conseiller, expliquer et orienter leurs clients vers les solutions les plus adaptées à leur situation. Expliquer les mécanismes du raccordement, distinguer puissance et énergie ou répondre aux questions sur les impacts réels de la mesure deviennent des compétences essentielles pour accompagner la transition énergétique.

Conclusion

L’ajustement d’injection fait désormais partie du paysage énergétique suisse. Chez Romande Energie, l’application effective est prévue au 1er janvier 2027. Cette période de transition permet d'anticiper l’évolution du cadre de raccordement et d'accompagner les clients avec un discours clair sur les impacts réels de la mesure. Elle est aussi l'occasion de renforcer les approches favorisant l'autoconsommation, le stockage et le pilotage intelligent des usages.

Vous préparez un projet photovoltaïque ou un remplacement d’onduleur ? Prenez l’habitude d’intégrer dès aujourd’hui les questions liées à l’autoconsommation, au stockage et au système de gestion énergétique intelligent. Ces solutions constituent souvent le meilleur moyen de valoriser la production solaire tout en répondant aux futures exigences du réseau et de vos clients.

Pour avoir davantage d’éléments explicatifs sur l’ajustement d’injection regardez la vidéo réalisée par la branche.


En tant que source d'information, le blog de Romande Energie offre une diversité d'opinions sur des thèmes énergétiques variés. Rédigés en partie par des indépendants, les articles publiés ne représentent pas nécessairement la position de l'entreprise. Notre objectif consiste à diffuser des informations de natures différentes pour encourager une réflexion approfondie et promouvoir un dialogue ouvert au sein de notre communauté.

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