Parmi ces rôles figure bien évidemment celui des participants, ou membres. Comme mentionné plus haut, il s’agit de producteurs, de consommateurs ou d’exploitants de systèmes de stockage qui se regroupent pour échanger de l’énergie, essentiellement d’origine photovoltaïque. Pour un producteur, cela signifie vendre sa production en priorité aux autres membres de la CEL à un prix préalablement convenu. En corollaire, les membres consommateurs achètent prioritairement leur électricité aux producteurs de la CEL lorsque celle-ci est disponible. Il est également possible pour des exploitants de batterie de s’insérer dans ces échanges et de stocker l’énergie des producteurs lorsque l’offre excède la demande au sein de la CEL, puis de la revendre aux consommateurs lorsque la situation s’inverse. Contrairement au cas des RCP, mais de manière similaire à celui des CA, les membres consommateurs gardent leurs relations contractuelles avec leurs fournisseurs d’énergie et le gestionnaire de réseau de distribution (GRD). Ceux-ci continuent donc de fournir et de distribuer l’énergie que la CEL ne peut produire. Ils continuent également de reprendre les excédents de production que la CEL ne peut consommer ou stocker.
Afin de faciliter les échanges avec les acteurs en dehors de la communauté, et plus particulièrement avec les gestionnaires du réseau de distribution tels que Romande Energie, les membres doivent désigner un représentant. Selon l’ordonnance sur l’approvisionnement en électricité (OApEl, art.19g), celui-ci est notamment chargé de communiquer au GRD les principaux faits de vie de la communauté, tels que les entrées et les sorties, ainsi que les caractéristiques techniques des installations participant à la communauté. Selon le site d’information electricitelocale.ch, ce représentant a également la charge de régler les modalités des échanges d’énergie au sein de la communauté, notamment la facturation aux consommateurs de l’électricité produite et consommée dans la CEL et sa rétribution aux producteurs.
Afin que l’électricité échangée à l’intérieur de la communauté puisse être répartie conformément à la consommation et à la production effective des membres, le gestionnaire de réseau de distribution joue également un rôle primordial. Il doit en effet assurer la mesure de la consommation et de la production de chacun des membres. Cette mesure, s’appuyant sur les compteurs intelligents, est réalisée par tranche de 15 minutes. Cela représente un peu plus de 35’000 valeurs par année et par membre, valeurs qui doivent être non seulement mesurées, mais également enregistrées et transmises au représentant de la communauté afin que celui-ci puisse assurer la facturation interne.
Le gestionnaire de réseau de distribution a également la charge de se prononcer sur l’éligibilité des demandes de création de communautés électriques locales. Pour cela, il se base non seulement sur les informations fournies par le représentant, mais également sur celles déjà en sa possession. Il s’assure notamment que les critères techniques concernant l’étendue de la communauté et les niveaux de tension de la partie du réseau de distribution utilisé sont conformes à la législation. En plus des critères sur l’étendue géographique, la législation mentionne également une limite inférieure pour la production photovoltaïque au sein d’une CEL. En effet, pour garantir des échanges d’énergie significatifs, la puissance photovoltaïque totale dans une CEL doit correspondre à au moins 5% de la puissance de soutirage de tous les consommateurs réunis.
La création et le fonctionnement d’une CEL impliquent une certaine complexité, non seulement technique, mais également administrative et réglementaire, notamment en ce qui concerne la facturation interne à la communauté. Cette complexité peut s’avérer rédhibitoire dans le cas de communautés constituées principalement de consommateurs et de producteurs privés, par opposition à des entreprises ou des acteurs institutionnels. Pour cette raison, un quatrième type d’acteurs est susceptible d’intervenir, aussi bien avant qu’après la constitution de la communauté : le prestataire de service. Celui-ci peut assurer, le plus souvent contre rémunération, tout ou partie des tâches techniques et administratives, et plus particulièrement la facturation interne sur la base des données de comptage fournies par le GRD. Cette dernière tâche concentre en effet la plus grande complexité en nécessitant le traitement d’une quantité potentiellement importante de données, impliquant des connaissances techniques spécifiques.
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