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Petits fruits, grêle et fortes chaleurs : comment mieux protéger les cultures sensibles ?

Serre

Gel tardif, pluies excessives, grêle, sécheresse, fortes chaleurs : certaines cultures sont particulièrement exposées aux aléas climatiques. Face à ces risques, les agriculteurs combinent déjà plusieurs solutions de protection. Parmi elles, l’agrivoltaïsme ouvre une piste complémentaire : protéger les cultures tout en produisant de l’électricité solaire sur la même surface.

L'essentiel en 3 points :

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Certaines cultures sensibles, comme les petits fruits et les cultures arboricoles, nécessitent des protections adaptées face au gel, à la grêle, aux fortes chaleurs ou aux excès de pluie.

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L’agrivoltaïsme peut compléter, voire remplacer, dans certains cas, les serres, tunnels ou filets de protection lorsque les conditions agricoles, techniques et économiques s’y prêtent.

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À Lovatens, dans la Broye vaudoise, une installation agrivoltaïque installée au-dessus de myrtilles biologiques permet d’observer concrètement comment cette solution peut s’intégrer favorablement à une exploitation agricole.

Protéger les cultures devient un enjeu de plus en plus concret et nécessaire

Pour un agriculteur, un épisode de grêle, une nuit de gel ou une période de chaleur extrême ne sont pas de simples variations météo. Ils peuvent fragiliser une récolte, compliquer la planification et remettre en question des mois de travail.

Certaines cultures y sont particulièrement sensibles. C’est le cas des petits fruits, comme les fraises, les framboises ou les myrtilles, ainsi que certaines cultures fruitières en verger, telles que les pommiers. Leur qualité, leur rendement et leur maturité dépendent fortement de la lumière, de la température, de l’humidité et de la protection contre les événements extrêmes.

En Suisse, l’adaptation de l’agriculture au changement climatique devient un sujet central. Agroscope rappelle que la production végétale dépend largement des conditions climatiques et que l’augmentation des températures, l’évolution des précipitations ainsi que les événements extrêmes, comme les sécheresses ou les vagues de chaleur, doivent être pris en compte dans les choix agricoles futurs.  

Des protections déjà indispensables selon les cultures

Face à ces risques, les producteurs n’ont pas attendu l’agrivoltaïsme pour agir. Serres, tunnels, filets anti-grêle, bâches, systèmes d’irrigation ou protections contre le gel font déjà partie des outils utilisés selon les cultures, les régions et les modèles d’exploitation.

Ces solutions répondent à des besoins réels. Une serre peut par exemple permettre de mieux maîtriser les conditions de culture. Un filet anti-grêle peut protéger une récolte exposée. Un tunnel peut offrir une protection saisonnière. Selon les cultures et les objectifs recherchés, l’agrivoltaïsme peut compléter ces dispositifs ou, dans certains cas, s’y substituer.  

C’est dans cette logique que l’agrivoltaïsme attire l’attention. Sur le principe, il consiste à associer production agricole et production solaire sur une même surface. Pour une présentation générale de cette technologie, de son cadre et de ses enjeux, un article dédié permet d’en comprendre les bases. Ici, l’enjeu est plus précis : comment cette approche peut-elle contribuer à protéger certaines cultures sensibles ?

L’agrivoltaïsme d’abord comme outil de protection, puis de production solaire

Dans certains cas, les panneaux photovoltaïques peuvent remplir plusieurs fonctions à la fois. Ils produisent de l’électricité, mais peuvent aussi contribuer à moduler l’ombre, limiter certains excès de chaleur, protéger contre la grêle et le gel ou réduire le stress hydrique en diminuant l’évaporation.

Insolight, entreprise suisse, développe et installe ses solutions agrivoltaïques Insolagrin adaptées à une large variété de cultures et modes de production : petits fruits, vergers et kiwis, grandes cultures et fourrage, vignes, maraîchage ou encore pépinières. Pour les petits fruits, la vigne, les vergers et les fourrages, l’entreprise met en avant des structures avec panneaux bi-faciaux fixes ou mobiles, couverture photovoltaïque ajustable et pilotage de la lumière transmise aux cultures via sa plateforme Insol’insights.  

La même logique existe pour certaines cultures maraîchères. Insolight cite notamment des exemples de courgettes, asperges, salades et épinards, avec des dispositifs destinés à moduler la lumière, protéger contre la grêle, le gel ou les coups de soleil, et intégrer des éléments comme l’irrigation ou la collecte d’eau de pluie.  

Cela ne signifie pas que toutes les cultures réagissent de la même manière. Une revue d’études relayée par Recherche Agronomique Suisse souligne que la réussite d’un système agrivoltaïque dépend de nombreux facteurs : le lieu, la saison, la variété cultivée et la conception du système photovoltaïque, notamment le taux de couverture par les panneaux. Elle relève aussi que la laitue et la tomate font partie des cultures souvent étudiées dans les recherches sur l’agrivoltaïque, mais sans dégager de tendance unique sur les rendements.

À Lovatens, un exemple concret avec des myrtilles biologiques

À Lovatens, dans la Broye vaudoise, Olivier Pichonnat cultive des myrtilles biologiques destinées aux grandes surfaces. Son exploitation a déjà été confrontée à plusieurs aléas : gel de fleurs de myrtilliers en 2017, pluies excessives en 2021, puis grêle en 2022, et enfin sécheresse et fortes chaleurs cette année.

Pichonnat

« Les agriculteurs ne sont plus seulement victimes du changement climatique, ils peuvent aussi devenir acteurs de la solution. »

Dans ce contexte, l’installation agrivoltaïque mise en place sur son exploitation offre un terrain d’observation concret. Positionnée à 3.2 mètres de hauteur, la structure permet de protéger ses 4'500 plants de myrtilles et de poursuivre les travaux agricoles pour une récolte mécanisée. Le projet comprend 5’220 panneaux photovoltaïques et une production annuelle estimée à près de 2,4 GWh, soit l’équivalent de la consommation électrique d’environ 955 ménages.

Mais l’intérêt du projet ne se limite pas à ces chiffres. Pour l’agriculteur, l’enjeu est d’abord de tester une solution capable de protéger ses cultures tout en conservant la vocation agricole de la parcelle. Les premières observations mentionnées dans l’ébauche sont positives lors des épisodes de fortes chaleurs de l’été 2026, mais plusieurs saisons seront encore nécessaires pour mesurer précisément l’ensemble des bénéfices agronomiques. Les conditions de production ont été maintenues 4 semaines plus longtemps sous abris agrivoltaïques qu’en extérieur. Par ailleurs, la santé des plantes a été atteinte en extérieur alors que qu’elle est restée bonne sous abri. 

Une solution à regarder avec nuance

L’agrivoltaïsme n’est donc ni une solution miracle, ni une solution réservée aux seules myrtilles. Il s’inscrit plutôt dans une palette d’outils que les agriculteurs peuvent mobiliser pour adapter leurs cultures à un climat plus imprévisible.

Selon les situations, une serre restera la solution la plus pertinente. Dans d’autres cas, des filets, des tunnels ou des protections plus légères suffiront. Et pour certaines exploitations, notamment lorsque la culture peut bénéficier d’une modulation de la lumière et d’une protection contre les aléas, l’agrivoltaïsme peut devenir une piste intéressante, voire indispensable à la survie de l’exploitation.

C’est aussi ce qui rend les projets pilotes importants. Depuis 2021, Agroscope suit et évalue agronomiquement plusieurs projets agrivoltaïques développés avec Romande Energie et Insolight, sur ses sites d’expérimentation et chez des producteurs. Les recherches menées sur les fraises, les framboises et les arbres fruitiers visent à mieux comprendre, culture par culture, dans quelles conditions l’agrivoltaïsme apporte une réelle valeur agricole.

Conclusion

Protéger les cultures sensibles devient un enjeu de plus en plus important pour les exploitations agricoles. Les serres, tunnels, filets ou systèmes d’irrigation conservent toute leur utilité, mais de nouvelles solutions viennent compléter cette boîte à outils.

À Lovatens, l’agrivoltaïsme montre comment une même surface peut servir à la fois à la production agricole et à la production d’énergie renouvelable. Ce projet ne donne pas toutes les réponses, mais il permet d’observer concrètement comment agriculture et énergie peuvent s’adapter ensemble aux réalités du terrain.

Pour comprendre les bases de l’agrivoltaïsme, son fonctionnement et son cadre en Suisse, vous pouvez aussi consulter notre article généraliste consacré à ce sujet.


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