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Ce qu’on ne voit pas derrière une éolienne

Eolienne

Une éolienne ne se contente pas de tourner lorsque le vent souffle. Elle se tourne automatiquement face au vent, ajuste l’inclinaison de ses pales et peut même s’arrêter pour protéger la faune ou prévenir certains risques. À Sainte-Croix, six machines illustrent le fonctionnement de cette énergie locale, particulièrement précieuse en hiver, lorsque les besoins en électricité augmentent et que la production solaire diminue.

L'essentiel en 3 points :

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Une éolienne s’adapte automatiquement au vent : elle se tourne face à lui et modifie l’inclinaison de ses pales en fonction de sa vitesse pour optimiser sa production.

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Près des deux tiers de la production éolienne sont réalisés durant le semestre d’hiver. L’éolien complète ainsi le solaire et contribue à diversifier l’approvisionnement renouvelable suisse.

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Le choix d’un site repose autant sur la qualité du vent que sur son accessibilité et son environnement. Les impacts sont étudiés afin d’être évités, réduits ou compensés.

Dans cet épisode #onREvèle

Karim Slama se rend sur les crêtes du Jura vaudois pour découvrir le fonctionnement d’une éolienne. Aux côtés d’Andy Kaufmann, il observe comment les machines de Sainte-Croix captent le vent, pourquoi elles s’arrêtent parfois et quelles mesures permettent de limiter leur impact sur la faune et le paysage.

Une éolienne, comment ça fonctionne ?

Le principe rappelle celui d’un moulin, mais à une tout autre échelle. Comme l’eau fait tourner les turbines d’une centrale hydraulique, le vent met en mouvement les pales placées au sommet du mât. Cette rotation entraîne un alternateur installé dans la nacelle, qui transforme l’énergie mécanique en électricité. Une éolienne peut ainsi produire sans brûler de combustible ni utiliser de consommable.

Mais elle ne se contente pas d’attendre que le vent arrive. Grâce à des capteurs en nacelle, dont un « anémomètre » qui mesure la vitesse et la direction du vent, elle analyse en permanence les conditions météorologiques. La nacelle s’oriente automatiquement face au vent et l’inclinaison des pales s’adapte pour capter au mieux son énergie.

Cette capacité d’adaptation permet de produire dans des conditions très différentes. À Sainte-Croix, les éoliennes tournent environ 70 % du temps, avec une puissance qui évolue constamment selon le vent. Elles ne fonctionnent donc pas toujours à pleine puissance, mais ajustent leur production aux conditions réelles. Les six éoliennes du parc produisent ensemble environ 20 millions de kWh par an. Cette production varie au fil des heures et des saisons, car elle dépend du vent disponible.

Pourquoi une éolienne peut-elle être à l’arrêt ?

Voir une éolienne immobile est rarement le signe d’une panne. Lorsque le vent est inférieur à 3 m/s, soit environ 10 km/h, son énergie est insuffisante pour mettre les pales en mouvement. À l’inverse, l’éolienne s’arrête automatiquement lorsque le vent devient trop fort afin de protéger ses équipements. Des opérations de maintenance peuvent également nécessiter un arrêt temporaire.  

En hiver, le givre constitue une autre raison possible d’arrêt. Si de la glace se forme sur les pales, la machine s’arrête pour éviter tout risque de projection. Son fonctionnement peut également être adapté pour limiter les ombres portées sur les habitations environnantes, notamment en hiver, lorsque le soleil est plus bas sur l’horizon.

Certaines interruptions sont directement liées à la protection de la faune. À Sainte-Croix, les éoliennes sont notamment arrêtées durant les nuits suffisamment chaudes, sans pluie et peu venteuses, lorsque les chauves-souris sont les plus actives. Un suivi ornithologique est également réalisé pendant les périodes de migration des oiseaux. L’ornithologue présent sur place peut demander l’arrêt des machines si la situation l’exige, mais cela n’a pas été nécessaire depuis la mise en service du parc.

Ces arrêts font donc partie du fonctionnement normal d’une éolienne. Ils permettent de concilier production d’électricité, sécurité et protection de l’environnement.

Une énergie particulièrement utile en hiver

La production éolienne est variable, mais son profil diffère de celui du solaire. Elle peut avoir lieu de jour comme de nuit et elle est généralement plus importante en hiver, lorsque les vents sont plus soutenus. Près des deux tiers de la production éolienne sont ainsi réalisés durant le semestre d’hiver, à une période où les besoins en électricité augmentent et où les installations photovoltaïques produisent moins.

L’éolien ne remplace pas les autres sources d’énergie : il les complète. Le solaire produit principalement en journée et davantage en été, tandis que l’hydraulique apporte une production régulière ou flexible selon le type d’installation. En combinant ces différents profils de production, la Suisse diversifie ses ressources et répartit mieux sa production renouvelable au fil de la journée et des saisons.

Cette complémentarité participe à la sécurité d’approvisionnement. L’électricité éolienne produite en hiver contribue à limiter le recours aux importations ou aux centrales à gaz et peut aussi préserver une partie des réserves d’eau des barrages pour les périodes où elles sont le plus nécessaires.

Choisir un site adapté, bien avant de construire

Toutes les régions ne se prêtent pas à l’installation d’éoliennes. La première condition est de disposer d’un vent suffisamment fort et régulier. Sur les crêtes du Jura vaudois, l’altitude et le relief offrent des conditions particulièrement favorables.

La qualité du vent ne suffit toutefois pas. Le site doit être accessible aux convois qui transportent les pales et les autres éléments hors gabarit. Il doit également pouvoir être raccordé au réseau électrique et rester accessible pour les interventions, y compris lorsque les conditions hivernales sont difficiles.

L’attention portée à l’environnement concerne aussi les surfaces utilisées pendant les travaux. À Sainte-Croix, environ 97 % des terrains mobilisés pour le chantier ont été remis en état après la construction des éoliennes, permettant notamment au bétail de pâturer jusqu’au pied des mâts.

Cette phase d’études prend beaucoup plus de temps que le chantier. Elle permet de vérifier que le site est adapté et de définir les mesures nécessaires à l’intégration du parc dans son environnement.

Adapter le fonctionnement pour protéger la faune

L’intégration environnementale se poursuit une fois les éoliennes en service. Les conditions météorologiques et l’activité de la faune ailée sont suivies afin d’interrompre la production des machines lorsque cela est nécessaire.

Les chauves-souris représentent un enjeu particulièrement important. Lors des nuits chaudes et peu venteuses, propices à leur activité, les éoliennes sont arrêtées toute la nuit. Pour les oiseaux, un suivi est réalisé sur place pendant les périodes migratoires afin d’observer leurs déplacements.

Restituer les terrains après le chantier

Le projet doit enfin tenir compte de nombreux enjeux, notamment la faune, la flore, le bruit, le paysage, le patrimoine archéologique ou encore la sécurité. Ces différents aspects sont évalués avant la construction. L’objectif consiste d’abord à éviter les impacts, puis à les réduire et, lorsque cela est nécessaire, à les compenser.

Les sols ont été remodelés et réensemencés avec des graines provenant de pâturages similaires situés à proximité. Ce choix permet de rétablir une végétation adaptée au milieu local et favorable à la biodiversité.

Des murs en pierres sèches ont également été reconstruits. Ces aménagements participent à la remise en état du paysage et offrent des refuges à la petite faune, notamment aux insectes et aux reptiles. Ils traduisent la même démarche que les adaptations apportées au fonctionnement des machines : éviter les impacts, les réduire et compenser ceux qui subsistent.

Conclusion

Une éolienne est une machine bien plus adaptable qu’il n’y paraît. Elle s’oriente face au vent, ajuste ses pales et module son fonctionnement en fonction de la météo, de la sécurité et de la faune présente sur le site.

Son intérêt dépasse la seule production d’électricité. En produisant près des deux tiers de son énergie durant le semestre d’hiver, l’éolien complète le solaire et l’hydraulique au sein du mix énergétique suisse. Son développement repose toutefois sur un équilibre : choisir un site approprié, exploiter la ressource disponible et adapter le projet à son environnement.


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