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Canicule : pourquoi nos logements surchauffent-ils et comment les rafraîchir sans climatisation ?

Canicule

Les épisodes de canicule se multiplient en Suisse romande et mettent à rude épreuve le confort de nos logements. Pourquoi certaines habitations se transforment-elles en véritables fournaises ? Et surtout, comment conserver une température agréable sans recourir systématiquement à la climatisation ? Explications et solutions pour conjuguer confort estival et sobriété énergétique.

L'essentiel en 3 points :

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La surchauffe des logements dépend avant tout des apports solaires, des vitrages, de la ventilation et de l’inertie thermique du bâtiment.

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Les protections solaires extérieures et la ventilation nocturne figurent parmi les solutions les plus efficaces pour limiter les températures intérieures. 

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Avant d’investir dans une climatisation, des mesures passives permettent souvent d’améliorer durablement le confort tout en réduisant la consommation d’énergie. 

Longtemps, la performance énergétique des bâtiments s’est principalement concentrée sur un objectif : conserver la chaleur en hiver. Isolation renforcée, fenêtres performantes, étanchéité à l’air… autant d’améliorations qui ont permis de réduire les besoins de chauffage et les consommations énergétiques.

Mais avec le réchauffement climatique et la multiplication des vagues de chaleur, un nouveau défi apparaît : maintenir des températures supportables en été. De nombreux habitants découvrent aujourd’hui que leur appartement ou leur maison peut rapidement devenir inconfortable lorsque le thermomètre dépasse les 30 degrés pendant plusieurs jours. Les logements situés sous les toits, les bâtiments fortement vitrés ou orientés plein sud étant particulièrement exposés.

Selon les spécialistes du confort thermique, la sensation de chaleur dépend non seulement de la température extérieure, mais aussi de la capacité du bâtiment à empêcher les apports de chaleur et à évacuer celle qui s’accumule à l’intérieur. Les recommandations de l’Office fédéral de l’énergie (OFEN), de SuisseEnergie et du standard Minergie soulignent d’ailleurs que le confort estival est devenu un enjeu majeur de la construction et de la rénovation des bâtiments. 

Les cinq facteurs qui favorisent la surchauffe 

Pourquoi deux logements situés dans le même quartier peuvent-ils afficher plusieurs degrés d’écart en pleine canicule ? La réponse tient à plusieurs paramètres.

1. L’orientation du logement

Les façades exposées au sud et à l’ouest reçoivent davantage de rayonnement solaire durant la journée. Les pièces concernées accumulent donc plus de chaleur, particulièrement en fin d’après-midi lorsque les températures extérieures sont déjà élevées.

2. Les surfaces vitrées

Les fenêtres jouent un rôle déterminant. Si elles laissent entrer la lumière, elles laissent également pénétrer une quantité importante d’énergie solaire. Sans protection adaptée, elles créent un effet de serre qui peut rapidement faire grimper la température intérieure.

3. L’inertie thermique

L’inertie désigne la capacité d’un bâtiment à stocker puis à restituer la chaleur. Certains matériaux lourds, comme le béton ou la pierre, absorbent une partie de la chaleur durant la journée et la restituent progressivement. Lorsqu’elle est bien exploitée, cette caractéristique contribue à stabiliser les températures intérieures.

4. La ventilation

Un logement qui ne peut pas être efficacement ventilé durant la nuit évacue difficilement la chaleur accumulée pendant la journée. Or, le refroidissement nocturne est considéré comme l’un des leviers les plus efficaces pour améliorer le confort estival.

5. Les sources de chaleur internes

Ordinateurs, téléviseurs, appareils électroménagers, éclairages ou cuisson contribuent également à augmenter la température intérieure. Lors d’une période caniculaire, chaque watt compte. 

Le climatiseur mobile : une fausse bonne idée ? 

Face à la chaleur, le réflexe consiste souvent à acheter un climatiseur mobile. Pourtant, ces appareils présentent plusieurs limites. D’abord, leur efficacité reste souvent modeste. Le tuyau d’évacuation installé dans une fenêtre entrouverte laisse entrer de l’air chaud extérieur, ce qui réduit les performances globales. Ensuite, leur consommation électrique peut rapidement devenir importante. Un climatiseur mobile moyen peut consommer environ 1 kWh par heure de fonctionnement. Sur un été entier, l’impact sur la facture d’électricité peut être significatif. Enfin, ces équipements ne traitent pas la cause du problème. Ils interviennent une fois que la chaleur est déjà présente dans le logement.

C’est pourquoi les experts du bâtiment recommandent généralement de privilégier d’abord les solutions dites passives, qui visent à empêcher la chaleur d’entrer plutôt qu’à la combattre après coup. 

Miser sur les protections solaires extérieures 

Stores à lamelles, volets, brise-soleil orientables ou stores extérieurs constituent la première ligne de défense contre la chaleur. Contrairement aux rideaux placés à l’intérieur, ils arrêtent les rayons du soleil avant qu’ils ne traversent le vitrage. Les études menées dans le domaine du confort thermique montrent qu’il s’agit de la mesure la plus efficace pour limiter la surchauffe. 

Profiter de la fraîcheur nocturne 

Lorsque les températures extérieures baissent, ouvrir largement les fenêtres permet de créer des courants d’air et d’évacuer la chaleur accumulée. Cette stratégie est particulièrement efficace lorsque le logement dispose d’ouvertures sur plusieurs façades. En parcourant les divers conseils en matière de confort estival, l’association entre protection solaire extérieure et ventilation nocturne constitue la combinaison la plus performante. 

Végétaliser les abords

Arbres, haies, plantes grimpantes ou végétalisation des façades apportent de l’ombre et contribuent à rafraîchir l’environnement immédiat grâce à l’évapotranspiration. À l’échelle d’un quartier, la végétation participe également à réduire les îlots de chaleur urbains.

Limiter les apports internes

On notera aussi que certaines mesures peuvent s’avérer contradictoires avec les bonnes pratiques et recommandations en matière d’autoconsommation lorsque l’on est équipé de panneaux solaires. Toutefois, durant les journées les plus chaudes, mieux vaut reporter en soirée certaines activités gourmandes en énergie et surtout génératrices de chaleur, telles que l’activation du sèche-linge ou du four, pour garantir une température plus agréable à l'intérieur en journée.

Réfléchir la chaleur

Lors d’une rénovation, certains revêtements de toiture ou de façade permettent de réfléchir davantage le rayonnement solaire. Ces matériaux contribuent à limiter l’échauffement du bâtiment tout en améliorant le confort estival. C’est ce que l’on nomme l’augmentation de l'albédo, dans le but de renvoyer le plus d'énergie solaire. C'est la raison pour laquelle, dans certains pays du Sud, les maisons sont peintes en blanc.

Quid des solutions actives dites « vertes » ?

Toutes les solutions de rafraîchissement actif ne se valent pas. Des technologies comme le géocooling, qui utilise la fraîcheur naturelle du sous-sol, ou les pompes à chaleur réversibles à haut rendement permettent d'améliorer le confort estival avec une consommation d'énergie nettement inférieure à celle d'une climatisation mobile classique. Elles ne remplacent toutefois pas les mesures passives, qui restent la première ligne de défense contre la surchauffe. L'approche la plus pertinente consiste généralement à combiner une enveloppe performante avec un système de rafraîchissement efficace, dimensionné pour répondre uniquement aux besoins résiduels.

Confort, sobriété... et résilience

Les solutions passives ne permettent pas seulement de réduire les consommations d'énergie. Elles renforcent également la résilience des bâtiments face aux épisodes climatiques extrêmes. En cas de panne électrique, de défaillance technique ou de tension sur le réseau, un logement conçu pour limiter naturellement les apports de chaleur restera plus confortable qu'un bâtiment dépendant principalement de systèmes de rafraîchissement actifs.

Avec le changement climatique et les incertitudes liées aux conditions météorologiques futures, la capacité d'un bâtiment à garantir un confort minimal sans énergie devient un véritable critère de qualité et pourrait demain devenir une nécessité.

Confort d’été et économies d’énergie : deux objectifs compatibles

À retenir : les solutions les plus efficaces contre la chaleur sont souvent aussi les plus sobres énergétiquement. En empêchant la surchauffe plutôt qu’en la corrigeant par des moyens technologiques, elles réduisent le recours aux appareils électriques et limitent les consommations durant les périodes estivales.

À l’heure où les canicules deviennent plus fréquentes, le confort estival s’impose progressivement comme un nouveau critère de qualité du bâti. Une évolution qui invite à repenser nos logements pour qu’ils restent agréables à vivre toute l’année, tout en préservant les ressources énergétiques.


En tant que source d'information, le blog de Romande Energie offre une diversité d'opinions sur des thèmes énergétiques variés. Rédigés en partie par des indépendants, les articles publiés ne représentent pas nécessairement la position de l'entreprise. Notre objectif consiste à diffuser des informations de natures différentes pour encourager une réflexion approfondie et promouvoir un dialogue ouvert au sein de notre communauté.

Thomas Pfefferlé
Rédigé par Thomas Pfefferlé · Journaliste innovation indépendant

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