Le kilowattheure (kWh) figure sur chaque facture énergétique, que ce soit de votre fournisseur d’électricité, de gaz ou de chaleur. Savoir ce qu'il mesure, ce qu'il coûte et comment moins consommer permet à une entreprise de mieux piloter ses charges.
Qu'est-ce qu'un kWh ? Comprendre l'unité qui détermine votre facture d'énergie
L'essentiel en 3 points :
kWh et kW : distinguer l’énergie et la puissance
Il s’agit là d’une confusion largement répandue. Le kilowatt (kW) est une unité de puissance : c’est une valeur instantanée. Il indique la quantité d'énergie qu'un appareil utilise à un instant donné : c’est la puissance du moteur de votre voiture. Le kilowattheure (kWh) est une unité d'énergie : il correspond à une puissance de 1 kW maintenue pendant une heure : c’est le carburant (ou l’électricité) consommé.
Les factures d’électricité comprennent toutes une part importante proportionnelle à l’énergie. Dès que la consommation de l’entreprise grandit, elles comprennent également une part liée à la puissance maximale appelée durant la période. Il est donc possible d’agir sur les deux leviers pour réduire ses coûts.
L’importance des ordres de grandeur
Connaître les ordres de grandeur de nos différents services énergétiques est essentiel pour orienter nos décisions. Par exemple, un kWh, c’est :
- Un four de 10 kW qui fonctionne pendant 6 minutes,
- Un ordinateur de 100 W allumé pendant 10 heures,
- Une ampoule LED de 10 W allumée pendant 100 heures,
- Une vingtaine de cafés préparés avec une machine de bureau,
- Environ 6 à 7 kilomètres parcourus avec une voiture électrique,
- Une augmentation de la température de 100 litres d’eau de 10°.
La numérisation ajoute une consommation moins visible, car elle se trouve hors de nos locaux, dans les datacenters. Les études divergent, mais on peut considérer qu’un kWh correspond à environ 3'000 requêtes ChatGPT simples, ou un stockage de 200 Go de données sur un serveur pendant un an.
À l'échelle des entreprises, les consommations annuelles peuvent varier de quelques milliers à plusieurs millions de kWh. Elles dépendent autant de la taille de l'entreprise que de son activité, de ses équipements et de ses horaires d'exploitation. Un petit bureau peut ainsi consommer quelques milliers de kWh par an, tandis qu'un commerce équipé de systèmes frigorifiques ou une entreprise utilisant des procédés industriels énergivores peut atteindre plusieurs centaines de milliers de kWh.
Enfin, les ordres de grandeur des contenus énergétiques de nos sources d’énergie sont des informations précieuses pour mieux comprendre les enjeux :
- 1 litre de pétrole et 1m3 de gaz contiennent chacun 10 kWh,
- 1 stère de bois (1m3) contient 1'000 à 2'000 kWh,
- La terre reçoit 1'000 à 2’000 kWh de rayonnement solaire par m2 et par an,
- 5m2 de panneaux photovoltaïques plein soleil permettent de produire 1 kWh en une heure.
Pour évaluer l’ampleur de ces services énergétiques, il est intéressant de les comparer à nos capacités physiques. 1 kWh, c’est à peu près l’énergie mécanique que nous produisons en courant un marathon, ou en pédalant pendant 5 heures… cela coûte quelques dizaines de centimes de CHF, et c’est contenu dans un décilitre de pétrole !
Tous les kWh ne se valent pas
Le kWh sert d'unité commune à toutes les formes d'énergie : électricité, gaz, mazout, chaleur. Cela permet de les comparer, mais un kWh d'électricité et un kWh thermique ne remplissent pas les mêmes fonctions. L'électricité alimente aussi bien un moteur, un éclairage, un système informatique, voire une production de chaleur. Un kWh thermique sert essentiellement au chauffage et à certains procédés. L’électricité peut donc être considérée comme une énergie noble, car elle est utilisable sous de nombreuses formes : électrifier nos usages, c’est gagner en souplesse.
Le rendement des systèmes doit être pris en compte dans la comparaison. Une pompe à chaleur, par exemple, fournit 3 à 5 kWh de chaleur pour 1 kWh d'électricité consommé. A l’inverse, il faut 2 à 3 kWh de gaz ou de mazout pour fournir un kWh d’électricité. Comparer deux énergies uniquement sur le prix du kWh peut donc conduire à des conclusions erronées.
Chaque kWh est associé à des émissions de CO₂ qui dépendent de son mode de production. L'électricité d'origine hydraulique, solaire, éolienne ou nucléaire émet peu de CO₂ (10 à 50 g/kWh) sur l'ensemble de son cycle de vie. La chaleur produite à partir de mazout ou de gaz en émet plusieurs centaines de grammes par kWh.
Ces données interviennent de plus en plus dans les bilans carbone, les exigences des donneurs d'ordre et les démarches de durabilité des entreprises. Connaître sa consommation en kWh est une étape importante, mais connaître ses émissions de CO2 est un levier essentiel pour un approvisionnement durable et anticiper les chocs à venir.
Comprendre sa facture d’électricité
Le prix payé par kWh ne correspond pas uniquement au coût de l'énergie. La facture d'électricité comprend en général trois composantes. La première est l'énergie, c'est-à-dire l'électricité produite et fournie. La deuxième est l'utilisation du réseau, qui couvre l'acheminement de l'électricité jusqu'au site du client. Pour les entreprises sur le réseau de Romande Energie qui consomment plus de 50'000 kWh par an, elle comprend également une part liée à la pointe de puissance, soit la puissance moyenne la plus élevée enregistrée sur un quart d'heure durant la période de facturation. La troisième regroupe les taxes et redevances perçues par la Confédération, le canton et la commune.
Réduire sa consommation diminue ces trois composantes. Limiter les pointes de puissance peut également réduire la part liée à l’acheminement. Il est donc important d’agir à la fois sur son volume de consommation, mais aussi sur son profil : une consommation constante et basse sera moins chère qu’une consommation avec des pics importants, du fait de la facturation de la puissance. Décaler le démarrage et le fonctionnement de ses appareils les plus énergivores, pour éviter qu’ils fonctionnent en même temps, permet de réduire la pointe de puissance et donc diminuer sa facture.
Prenons l’exemple concret d’une boucherie consommant 200'000 kWh par an, avec une pointe de puissance mensuelle de 60 kW en moyenne. La part énergie de la facture représente environ 50%, la part « énergie » de l’acheminement 20%, la part « puissance de l’acheminement 15% et les taxes 15%. Le montant total de cette facture annuelle est de 54'000 CHF. En réduisant de 20% sa consommation et 20% ses pointes de puissance, l’entreprise peut ainsi faire une économie d’environ 9'200 CHF sur l’énergie et 1'600 CHF sur la puissance, soit un total de 10'800 CHF.
Sobriété, efficacité, énergies renouvelables : le tiercé dans l’ordre
Trois axes structurent la démarche de réduction de l'impact énergétique. La sobriété consiste à ne consommer que ce qui est nécessaire, par exemple en éteignant les équipements inutilisés ou en ajustant les horaires et les températures de consigne. L'efficacité vise à fournir le même service avec moins d'énergie : éclairage LED, moteurs et pompes performants, isolation, récupération de chaleur. La sobriété consiste à « moins » consommer et l’efficacité à « mieux » consommer, même si la frontière entre les deux reste mince. Les énergies renouvelables permettent enfin de couvrir le besoin restant avec une production locale et à faible contenu carbone, par exemple grâce à une installation solaire en autoconsommation. L'ordre de ces axes est important : plus la consommation est réduite en amont, plus les investissements en production renouvelable sont dimensionnés au plus juste.
Avant de chercher à réduire sa consommation, l’idéal est de la connaître et la comprendre. La première étape est donc le suivi de la consommation. Un compteur intelligent et une plateforme de monitoring, même simple, permettent déjà de connaître ses habitudes et les impacts des différents consommateurs. Les consommations hors des heures d'activité, les pointes de puissance et les dérives dans le temps peuvent être identifiées et corrigées. Une fuite sur un réseau d'air comprimé ou un chauffage qui fonctionne dans un local inoccupé peuvent généralement être détectés.
Une fois sa consommation connue, des mesures sur les comportements et sur les équipements peuvent être mises en application. Sur les comportements, il s'agit par exemple de la sensibilisation des collaborateurs, de l'extinction des appareils en veille et des réglages d'exploitation. Ces actions sont souvent rapides à mettre en œuvre et peu coûteuses. Sur les équipements, les efforts se concentrent sur les postes les plus consommateurs : froid, air comprimé, chauffage, ventilation.
Le « talon » de consommation est une donnée particulièrement pertinente à observer. Le monitoring permet d’identifier les équipements à l’origine de cette consommation permanente, puis évaluer si leur fonctionnement continu est réellement nécessaire. On peut alors décider de le réduire ou l’éteindre (sobriété), ou de l’optimiser (efficacité). Pour aller plus loin dans l’optimisation, un système de gestion de l'énergie (EMS) peut automatiser le pilotage des équipements.
Conclusion
Le kWh est à la fois une unité de mesure, un élément central de la facture et un indicateur d'impact environnemental. L’électrification et la numérisation font de l’électricité un poste de plus en plus central de votre budget énergie, en remplacement du gaz, du fioul ou de l’essence. Connaitre les ordres de grandeur énergétiques, c’est avoir les cartes en main pour faire les bons choix. Mesurer sa consommation, la comprendre et en réduire le volume permettent à une entreprise de maîtriser ses coûts et de préparer sa transition énergétique.
Si vous souhaitez mieux identifier vos principaux postes de consommation et découvrir des mesures simples et concrètes pour réaliser des économies, vous pouvez solliciter le service visite-conseil PME gratuite de Romande Energie.
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