Romande Energie mentionne dans son courriel du 23 avril 2026, intitulé « L’énergie au quotidien », un article datant du 17 février 2025. Autrement dit, un article vieux de quatorze mois est présenté comme s’il reflétait encore l’état actuel du débat technologique.
Ce décalage temporel n’est pas anodin. Dans un domaine comme l’énergie, la recharge bidirectionnelle, les véhicules électriques et les équipements associés évoluent rapidement. Ce qui pouvait être rare, coûteux ou expérimental début 2025 ne l’est pas nécessairement encore au printemps 2026. Utiliser un article ancien sans le contextualiser revient donc à figer le débat dans une situation dépassée.
À l’époque, une seule entreprise proposait en Suisse un boîtier bidirectionnel homologué, pour la somme plutôt dissuasive de 13’000 francs. Dans le même temps, on trouvait déjà dans la France voisine des équipements homologués autour de 3’500 francs. Une telle différence de prix interroge. Elle ne peut pas être expliquée uniquement par la sécurité, la qualité ou les exigences techniques suisses. Elle révèle aussi probablement un marché peu concurrentiel, fortement réglementé, et dans lequel certains acteurs ont intérêt à ralentir l’arrivée de solutions plus accessibles.
L’argument de la sécurité mérite bien sûr d’être pris au sérieux. Une installation électrique raccordée au réseau ne peut pas être traitée à la légère. Mais la prudence ne doit pas devenir un prétexte à l’immobilisme. Si des équipements comparables sont déjà homologués et utilisés dans des pays voisins, il est légitime de se demander pourquoi la Suisse devrait systématiquement les considérer comme trop nouveaux, trop risqués ou pas encore mûrs.
La recharge bidirectionnelle n’est pas une fantaisie technologique. Elle permet à une voiture électrique de devenir une batterie domestique ou un outil de stabilisation du réseau. Dans un contexte où l’on demande aux citoyens de consommer mieux, de lisser leur consommation, d’installer du solaire et de participer à la transition énergétique, il serait paradoxal de freiner précisément les solutions qui leur donnent davantage d’autonomie.
Le problème de fond est donc moins technique que politique et économique. Plus les particuliers peuvent stocker, arbitrer et réutiliser leur propre énergie, moins ils dépendent entièrement des fournisseurs traditionnels. La voiture électrique bidirectionnelle, combinée au photovoltaïque, remet en question un modèle dans lequel l’énergie circule essentiellement du producteur vers le consommateur, avec des marges captées au passage par des acteurs historiques.
Présenter cette technologie comme encore incertaine ou dangereuse permet de maintenir le statu quo. Effrayer le quidam est une stratégie efficace : si le citoyen pense que la solution est complexe, risquée ou non homologuée, il renonce. Et pendant ce temps, les structures existantes conservent leurs revenus, leur contrôle du réseau et leur position dominante.
Il ne s’agit pas de nier la nécessité de normes, de contrôles et d’installations professionnelles. Il s’agit de refuser que la réglementation serve de barrière déguisée à l’entrée. La sécurité doit protéger les consommateurs, pas protéger les modèles économiques établis.
À force de présenter comme « nouvelle » une technologie déjà disponible ailleurs, la Suisse donne parfois l’impression de confondre prudence et protectionnisme. Or, la transition énergétique ne se fera pas seulement avec de grands discours, mais aussi avec des solutions concrètes, accessibles et concurrentielles.
Ce décalage temporel n’est pas anodin. Dans un domaine comme l’énergie, la recharge bidirectionnelle, les véhicules électriques et les équipements associés évoluent rapidement. Ce qui pouvait être rare, coûteux ou expérimental début 2025 ne l’est pas nécessairement encore au printemps 2026. Utiliser un article ancien sans le contextualiser revient donc à figer le débat dans une situation dépassée.
À l’époque, une seule entreprise proposait en Suisse un boîtier bidirectionnel homologué, pour la somme plutôt dissuasive de 13’000 francs. Dans le même temps, on trouvait déjà dans la France voisine des équipements homologués autour de 3’500 francs. Une telle différence de prix interroge. Elle ne peut pas être expliquée uniquement par la sécurité, la qualité ou les exigences techniques suisses. Elle révèle aussi probablement un marché peu concurrentiel, fortement réglementé, et dans lequel certains acteurs ont intérêt à ralentir l’arrivée de solutions plus accessibles.
L’argument de la sécurité mérite bien sûr d’être pris au sérieux. Une installation électrique raccordée au réseau ne peut pas être traitée à la légère. Mais la prudence ne doit pas devenir un prétexte à l’immobilisme. Si des équipements comparables sont déjà homologués et utilisés dans des pays voisins, il est légitime de se demander pourquoi la Suisse devrait systématiquement les considérer comme trop nouveaux, trop risqués ou pas encore mûrs.
La recharge bidirectionnelle n’est pas une fantaisie technologique. Elle permet à une voiture électrique de devenir une batterie domestique ou un outil de stabilisation du réseau. Dans un contexte où l’on demande aux citoyens de consommer mieux, de lisser leur consommation, d’installer du solaire et de participer à la transition énergétique, il serait paradoxal de freiner précisément les solutions qui leur donnent davantage d’autonomie.
Le problème de fond est donc moins technique que politique et économique. Plus les particuliers peuvent stocker, arbitrer et réutiliser leur propre énergie, moins ils dépendent entièrement des fournisseurs traditionnels. La voiture électrique bidirectionnelle, combinée au photovoltaïque, remet en question un modèle dans lequel l’énergie circule essentiellement du producteur vers le consommateur, avec des marges captées au passage par des acteurs historiques.
Présenter cette technologie comme encore incertaine ou dangereuse permet de maintenir le statu quo. Effrayer le quidam est une stratégie efficace : si le citoyen pense que la solution est complexe, risquée ou non homologuée, il renonce. Et pendant ce temps, les structures existantes conservent leurs revenus, leur contrôle du réseau et leur position dominante.
Il ne s’agit pas de nier la nécessité de normes, de contrôles et d’installations professionnelles. Il s’agit de refuser que la réglementation serve de barrière déguisée à l’entrée. La sécurité doit protéger les consommateurs, pas protéger les modèles économiques établis.
À force de présenter comme « nouvelle » une technologie déjà disponible ailleurs, la Suisse donne parfois l’impression de confondre prudence et protectionnisme. Or, la transition énergétique ne se fera pas seulement avec de grands discours, mais aussi avec des solutions concrètes, accessibles et concurrentielles.
Protectionnisme, quand tu nous tiens.